A tous ceux qui sont partis de l'autre côté et qui deviennent des anges parmi nous
Sur ce pont aux pierres vides, il tenait ma main toute pâle
Pas plus haut que six ans, je marchais encore fragile
A ses côtés, mon pas presque plus difficile
Que le sien qu’il avait ancré aux heures matinales.
Les larmes aux yeux pour qu’il soit l’ombre de ma prière
Imposant sa présence et forçant le respect,
Il était l’homme à qui je voulais ressembler
Car la force de ma force, c’était mon grand-père.
Il était mon modèle quand je le voyais rire,
J’étais son image quand il me voyait souffrir.
Les années, deux générations ou un fossé
Auraient pu séparer la flamme de nos caractères
Pourtant l’âme du temps suivait l’âme de nos colères :
Sur le fil, elles avaient forgé l’histoire du passé.
Les larmes aux yeux pour qu’il soit l’ombre de ma prière,
Imposant sa présence et forçant le respect,
Il était l’homme à qui je voulais ressembler
Car la force de ma force, c’était mon grand-père.
Il était mon modèle quand je le voyais rire,
J’étais son image quand il me voyait souffrir.
Son cœur aurait donné sa chemise pour les siens
Sans la remplacer, pour recevoir la contre partie,
la valeur qu’il représentait lui avait appris
Que l’existence n’était surtout pas le poids du rien.
Les larmes aux yeux pour qu’il soit l’ombre de ma prière,
Imposant sa présence et forçant le respect,
Il était l’homme à qui je voulais ressembler
Car la force de ma force, c’était mon grand-père.
Michaël BLAUWART
