Sur le chemin de l’onde nuptiale,
Pleurent les innocents de Carême,
Se tenant la main aux heures blêmes ;
Ils n’iront plus danser au bal.
La mort a emporté l’enfant
Que leur cœur avait désiré ;
Ils ne leur restent que les regrets
Aujourd’hui et la poussière du vent.
Le temps s’engouffre vite mais ne meurt ;
En s’aimant l’un, l’autre plus que tout
Sous la tendresse d’un baiser fou,
Les innocents de Carême pleurent.
Le ciel s’est habillé de noir
Et la pluie tombe doucement sur eux
Laissant la joie fuir peu à peu
Sur les contrées du désespoir.
Le temps s’engouffre vite mais ne meurt ;
En s’aimant l’un, l’autre, plus que tout
Sous la tendresse d’un baiser fou,
Les innocents de Carême pleurent.
La pluie pénètre leurs habits de deuil,
Et leurs corps transis par le froid
Abreuve les marques farouches du poids
Qui fuient et meurent sous un arbre sans feuilles.
Sur le chemin de l’onde nuptiale
Pleurent les innocents de Carême,
Se tenant la main aux heures blêmes ;
Ils n’iront plus danser au bal.
Le temps s’engouffre vite mais ne meurt ;
En s’aimant l’un, l’autre plus que tout
Sous la tendresse d’un baiser fou,
Les innocents de Carême pleurent.
Michaël BLAUWART
